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Forum des amateurs de Météor (Artima) et de son dessinateur, Raoul Giordan.
 
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 Raoul GIORDAN : source d'inspiration Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Cynniris
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MessageSujet: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Dim 18 Mar 2007 - 13:03


Tableau de Raoul GIORDAN


"L'Elixir de la Renarde"

Nouvelle de Rose GAUCHER


C’était un village perché au-dessus de la colline. De là, on dominait la petite vallée aux damiers de rizières, les taches sombres des vergers éparpillés près des habitations sur pilotis. La forêt n’était pas loin et parfois, rôdait encore le seigneur Tigre qui faisait la terreur de toute la population.

C’est là que vivait Lao auprès de son épouse Li. Ils formaient un couple heureux, très estimé de tous les villageois.
Lao peignait à longueur de journées. Des paysages d’estampes que son pinceau agile apposait délicatement sur les pages de soie. Si Lao dessinait des montagnes enneigées, des lacs bleutés et des étangs fleuris de lotus, il y avait toujours un visage de femme sur chacune de ses toiles. L’image de la Renarde, cette Femme-fée, aux pouvoirs irréels et qui faisait rêver tous les hommes, qu’ils soient rois ou manants.

La Renarde avait les traits de Li, sa femme qu’il adorait. Sa beauté n’était pas extraordinaire, mais elle possédait une grâce, une grande délicatesse dans tous ses mouvements et son sourire n’avait d’égal que la douceur de son regard. Lao ne se lassait jamais de contempler Li, même à son insu. Ah ! Ce geste gracieux quand elle piquait dans ses cheveux des peignes de nacre et de perles irisées… Quand elle penchait sa tête pour respirer le parfum des premières pivoines ou quand elle recueillait dans sa main le canari qui venait s’y poser…
Avec cette beauté si rare, la nature lui avait donnée une voix d’un timbre tellement exceptionnel que lorsque Li chantait, tous les oiseaux lui répondaient… Une voix puissante et mélodieuse, dont l’écho emportait les notes cristallines jusqu’au fin fond du village.
        - Cette femme est trop talentueuse… C’est une Renarde chuchotait-on dans les foyers.
        - Lorsqu’elle chante, tout le travail s’arrête se lamentaient les laboureurs. Même le buffle n’avance plus, et la terre se dessèche au soleil.
        - Lorsqu’elle chante, les hommes retiennent leur souffle, les enfants s’arrêtent de jouer et les bébés s’endorment en souriant, délaissant le sein de leur mère.
        - Lorsqu’elle chante, nous n’existons plus pour nos époux et nous devenons        de pauvres larves, s’écrièrent les femmes, le cœur aigri…
        - C’est une Renarde, je vous le dis ! Affirma le vieux Sage du temple de la Lune. Elle doit détenir un pouvoir pour posséder ainsi ce don si enchanteur.

Un jour que Lao se promenait au village, le vieux Sage qui le surveillait depuis un certain temps, lui barra le passage.
         - Bonjour, mon brave Lao ! Quand donc ton épouse, la belle Li, s’arrêtera-t-elle enfin de chanter ? Tu sais bien qu’elle contrarie beaucoup de braves gens dans le village ? L’écho leur renvoie chaque jour ses chants qui perturbent les uns et mécontentent les autres…
         - Li chantera tant que la vie est en elle et tant que sa voix reste aussi pure…Vous ennuie-t-elle à ce point Maître ?
         - Oh non Lao ! Tu le sais bien. Moi-même, je ne reste pas insensible à ce don merveilleux que la nature lui a donné. Mais, comprends-moi, je suis le garant de la tranquillité de mes fidèles. Toi, son époux bien-aimé, peux-tu demander à Li de modérer ses mélodies, et pourquoi pas, d’arrêter enfin de chanter…
         - Vieux Sage, c’est comme si tu me demandais de lui interdire de respirer. Je ne le puis. Elle est tout pour moi, et je suis incapable de lui faire le moindre mal. Pardonne-moi, mais je dois, de ce pas, aller récolter le miel indispensable pour sa gorge et la beauté de sa voix.
         - Ah ! Li prend donc du miel chaque jour ?
         - Oh oui Maître ! Et du miel à nul autre pareil. Les fleurs n’en finissent pas d’éclore, même en plein hiver, et les abeilles produisent un nectar d’une blancheur et d’une saveur exceptionnelles. Il n’en existe pas à mille lis alentour.    
         - J’ignorais que tu possédais des ruches s’enquit le Sage ?
         - Oui Maître ! Des ruches cachées quelque part dans la vallée. D’ailleurs, je m’y rends de ce pas. Que la Sérénité soit en vous Maître, et dites aux gens du village qu’il vaut mieux entendre chanter Li que pleurer les enfants et hurler les chiens.

Le vieux Sage laissa partir Lao. Le soir même, il convoqua une grande partie des villageois et leur dévoila le remède indispensable à l’extinction de la voix merveilleuse de Li.
        - Qu’à cela ne tienne lui répondirent les hommes. Il suffit de détruire les ruches. Ainsi les abeilles ne produiront plus de miel…
        - Qu’à cela ne tienne lui rétorquèrent les femmes. Il suffit de couper toutes les fleurs et les abeilles ne pourront plus butiner !
        - Pourquoi détruire les ruches ou massacrer les fleurs dit le vieux Sage. Lao n’est pas sot, et saura bien d’où vient le saccage de ses ruches.
        - Alors que faut-il faire ? Implora toute l’assemblée.
        - Il nous suffit d’introduire dans la demeure de Lao quelqu’un de sûr. Il se chargera de mélanger au miel une poudre d’herbes incolores et inodores qui feront perdre toutes les qualités de ce miel si rare. Li perdra ainsi sa voix et tout le village retrouvera la paix. Qui veut bien s’en charger ? Demanda le vieux Sage ?
       - Maître, surtout pas un humain, insista l’assemblée… Il ne faut pas que Lao se doute de quelque chose.
        - Dans ce cas, j’en fais mon affaire… Et laissez faire le Temps.

Les semaines passèrent. Lao allait chaque matin récolter son miel, et Li continuait à chanter de plus belle. Le vent, les oiseaux, les grillons et l’écho lui répondaient inlassablement.

Un matin, le vieux Sage se présenta chez Lao.
         - Les récoltes ont été bonnes et le riz n’a jamais été aussi parfumé. Notre village est protégé des dieux…
         - Ou de la fée-Renarde lui répondit Lao !
         - Oh non ! N’invoque pas Dame Renarde. Elle pourrait nous être maléfique se pressa de répondre le Sage en frissonnant.
         - Je ne crains rien, ni personne, répondit Lao. Tant que ma Li est près de moi et qu’elle m’enchante de ses merveilleuses mélodies, la vie me sera toujours aussi douce.
         - Pour répondre à ton vœu, et avant que l’an nouveau ne s’avance au seuil de ta demeure, voici un présent que je t’apporte, mon brave Lao.

Le vieux sage sortit de son panier un petit singe tout vif aux yeux malins.
         - C’est trop d’honneur Maître ! Un coupon de brocart ou un jeune pied de cerisier m’aurait autant comblé... Mais un singe, je ne puis le refuser selon nos croyances, vous le savez bien…
         - Alors, accepte-le et dresse-le comme bon te semble.

Le Sage s’en retourna au Temple de la Lune, en suppliant le ciel que son projet ne suscite pas la méfiance de ses hôtes.

Quand Lao, de retour, présenta le petit singe à Li, celle-ci fit la grimace.
         - Ming, mon petit pékinois ne sera pas content. Les singes sont trop rusés et trop curieux. Est-ce une bonne chose de le garder chez nous, mon cher époux ? Demanda Li.
         - Nous ne pouvons refuser le présent du vieux Sage, ma douce femme. A toi de le dresser et de le rendre aussi docile et aimant que ton cher Ming.

Li suivit les conseils de Lao et garda le petit singe auprès d’elle.
         - Tu t’appelleras Khy, car pour pour moi, tu n’es pas désiré… Tu m’as été imposée, mais je te garde car mon cœur est bon malgré que tu me sembles assez sournois.

La jeune femme ne savait pas si bien dire. Khy mit la maison sens dessus dessous. Il sautait sur les meubles et les divans, renversant des vases de grande valeur, fonçait dans les paravents de soie, volait la nourriture dans la cuisine, bousculait les serviteurs, fouillait dans les tiroirs, et pour clore le tout, pourchassait Ming jusque dans la chambre de Li. Parfois, il se riait de sa maîtresse, se barbouillant de poudre rosée et vidant ses fioles de parfums… Mais là n’était pas le pire de ce qui attendait Li.
Dressé par le vieux Sage, Khy allait chaque matin déterrer dans un recoin caché du jardin, une petite jarre remplie de poudre blanche. Il en prélevait une infime quantité qu’il allait déposer dans le pot de porcelaine remplie de miel. Posé sur le guéridon de son salon, celui-ci était toujours à la portée de Li. Elle en prélevait quelques petites cuillérées au cours de la journée, avant chaque envolée lyrique.

Le miel avait toujours ce goût délicat et cette blancheur immaculée, mais curieusement ses bienfaits semblaient diminuer de jour en jour.
Li chantait toujours, mais sa voix n’était plus la même. Elle n’avait plus la même portée et l’écho se tut à son tour. N’entendant plus le son cristallin de Li qui les accompagnait toujours, les canaris cessèrent leur concert et les oiseaux du jardin espacèrent leurs trilles. Le vent se mit à gémir et les grillons s’enfouirent sous la terre.

A suivre...
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Cynniris
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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Dim 18 Mar 2007 - 13:06

"L'Elixir de la Renarde" Suite et fin ...

Li avait perdu ses belles couleurs. Sa pâleur trahissait la tristesse de son cœur. Sa voix lentement se dégrada. Le son avait peine à sortir de sa gorge et les larmes noyaient son beau visage.
Lao en fut si malheureux qu’il en tomba malade.
- Je dois me ressaisir se dit-il. Li a tant besoin de moi, et mon cœur saigne de ne pas comprendre ce qui nous arrive.
- Ne cherche pas à comprendre répliqua Ming le pékinois… Ma Maîtresse a perdu sa jolie voix depuis que Khy est entré dans la maison.
- Ming, comment peux-tu affirmer cela, demanda Lao ?
- C’est vrai mon Maître, renchérit Méo le chat siamois. D’ailleurs, vous devriez poser la question aux canaris, ils savent tout ceux-là…
- Les canaris ne savent rien, rétorquèrent les poissons rouges. Nous tournons inlassablement dans le bel aquarium et rien ne nous échappe !
- Fi ! brailla le perroquet. Moi je sais ! Moi je sais !… Demandez aux carpes du bassin, elles vous en diront des choses.
- Mais avant, faites venir Khy, qu’il puisse se défendre, exigea Lao.
Le petit singe fut donc convoqué dans le grand salon d’apparat, devant toute la maisonnée, bêtes et gens. Seule Li préféra se délasser au milieu de ses pivoines en attendant la visite de sa fidèle amie, La Pie.
- As-tu remarqué combien ta maîtresse Li a changé depuis ton arrivée ? Demanda Lao au petit singe, qui écoutait derrière la porte.
- Mon Maître, votre pékinois est menteur et stupide ! Il passe son temps aux pieds de Dame Li et mordille ses Lotus Dorés… Méo le chat crache à longueur de journée sur les poissons rouges qu’il espère engloutir, les canaris se volent dans les plumes en se moquant du perroquet qui balance toujours de vilains mots contre vos serviteurs… Moi seul, suis digne et sans reproches !
- Que voilà une certitude dont je m’en méfierais bien, lui répondit Lao. D’ailleurs, je te vois toujours fouiner dans le jardin, être là quand on ne t’attend pas et invisible quand on t’appelle.
- Je suis singe, mon Maître. Je me dois de courir, sauter, faire le fou et agacer mon monde. Mais je sais tenir une promesse. Ah ! Ah ! Foi de Khy ! Et le plus malin, c’est encore votre serviteur qui vous salue bien bas.

Sur ce, il partit la tête haute et la queue en spirale…
- Nous n’avons pas fait venir la Tortue, remarqua Lao…
- C’est vrai, répondirent en cœur les animaux. Dame Tortue est sage et ses propos ne sont jamais puérils. Peut-être en sait-elle plus que nous ?

On fit venir la vieille Tortue qui dormait au soleil, mais elle ne ronchonna pas.
- Sais-tu des choses sur ce Khy ? Lui demanda Lao. Tu es si vieille et si tranquille qu’on te prend parfois pour un énorme caillou ! Personne ne se méfie de toi. Pas même ce singe aussi rusé soit-il ! Mais tu es sage et tu peux bien comprendre la peine qui nous tenaille.
- Vous dîtes vrai, mon Maître ! Dame Li est triste et ne chante plus. Et moi, j’ai du mal à trouver le sommeil, car ses chants me berçaient depuis toujours.
Et vous, mon Maître, vous avez délaissé vos chers pinceaux. Quelle misère ! Jamais je n’ai senti autant le poids des ans !
- Alors, si tu sais quelque chose, il faut nous le dire et cela presse.
Li, ma tendre Li, n’aura plus le goût de vivre si elle perdait sa voix. Chanter, c’est son suprême bonheur. Pour moi, c’est comme si on me coupait les mains, ainsi je ne pourrais plus jamais peindre, et peindre, c’est ma joie, tu sais cela dame Tortue, et nous croyons en toi, porte-bonheur de notre demeure.

- Puisque vous souhaitez que le bonheur revienne, il suffit de changer le miel que consomme ma Maîtresse chaque jour. Moi seule ai tout vu, tout entendu et tout compris. Sur ordre du vieux Sage, Khy le singe s’est chargé d’empoisonner ce miel avec une certaine poudre qu’il cache dans une jarre du jardin. Cette poudre est sensée rendre muette Dame Li. Il est grand temps d’y remédier, mais surtout n’en dites rien à Khy. Laissez-le faire sa vilaine besogne, car je connais un moyen pour le contrer, affirma la Tortue.
- Ah ! Bonne Tortue, dis-nous vite ce qu’il faut faire ?
- Il suffit de demander l’aide de la Pie. Elle est l’amie de Dame Renarde.
Elle a tant d’affection pour ma Maîtresse qu’elle saura la sauver.
- Qu’on fasse venir d’urgence la Pie exigea Lao !

Encore toute étourdie du parfum des pivoines, la Pie fit son entrée. Chacun l’écouta dans un silence plein d’émotion.
- Ne touchez surtout pas au miel réservé à Dame Li. Laissez-le où il est. Khy le singe doit se douter de rien. Au miel initial, vous ajouterez une poudre précieuse. J’irais chaque jour vers la Rivière des Perles. Je rapporterai autant de perles qu’il le faudra. Maître Lao les broiera et en fera une poudre si fine que Khy n’y verra rien. Seule, Dame Li pourra goûter ce miel. Malheur à ceux qui toucheront à ce nectar. J’ai confiance en vous tous et laissez faire le destin.

Depuis, chaque jour qui suivit, Dame Pie s’envola vers l’Est et ramena dans son bec les plus belles et les plus pures des perles de la Rivière de Nacre. Lao les broya finement et mélangea délicatement cette poudre au miel destiné à Li.

Les jours passèrent. La voix de Li reprit lentement son timbre le plus pur. Les canaris et les oiseaux du jardin reprirent leur chant. Les grillons sortirent de terre et entonnèrent leurs trilles. Même le perroquet s’essaya à lancer quelques notes aigues, qui firent s’enfuir Méo d’effroi et aboyer Ming de joie…

Li reprit ses belles couleurs et Lao ses pinceaux. Les villageois se sentirent heureux de réentendre la belle voix de Li et le buffle en profita pour souffler sous sa charge. Curieusement, le laboureur en fit autant. Dans le village, la gaieté revint comme par enchantement. Seul le vieux Sage dépérissait.
- Il faut que j’aille prendre des nouvelles de Khy. Se peut-il qu’il ait failli à sa tâche ? A trop vouloir faire le malin, il a trouvé plus malin que lui !

Le vieux Sage se rendit donc un matin, vers la maison de Lao. Il frappa trois coups sur le gong doré. Lao qui pressentait sa venue, vint lui ouvrir.
- Ah ! vous revoilà Sage Maître. Entrez, entrez…
Votre honorable visite a bien un but précis me semble t-il ?
- Je venais saluer Dame Li et aussi revoir le petit singe, mon présent de l’an passé.
- Dame Li a bien soigné votre protégé et ne lui a fait aucun mal.
Khy le singe est tellement heureux dans ma maison qu’il n’a jamais cherché à s’enfuir !
D’ailleurs, je vous l’emmène de ce pas.
Lao s’éloigna et revint avec le petit singe.
A la vue du vieux Sage, Khy se prosterna, terrorisé.
- J’ai bien appliqué toutes vos consignes Sage Maître ! Le nectar de Dame Li a été préparé chaque jour par mes soins, et selon vos ordres.
D’ailleurs vous pouvez le constater par vous-même.
Et sans laisser le temps au vieux Sage de réagir, il courut et ramena le pot de miel.
- Goûtez-en lui suggéra Lao ! Vous verrez Sage Maître, c’est un nectar divin, le plus délicieux qui puisse exister dans tout l’Empire.
Le vieux moine hésita, mais pour faire bonne figure, avala une cuillérée de miel et en fit goûter à Khy.

Oh stupeur ! Soudain, le vieil homme se recroquevilla, devint de plus en plus minuscule, pendant que son visage, ses membres et tout son corps se couvrirent de rayures et de duvet. Curieusement, il tournoya, bourdonna, battit des ailes, essaya de s’envoler mais retomba lourdement sur le sol.

Il était devenu un gros Bourdon.

Khy, le petit singe se métamorphosa en Puce. Mais cela ne le contraria pas outre mesure. Il restait dans le monde des bêtes. Comme si de rien n’était, il partit à la recherche de Ming le pékinois, son éternel ennemi, et ne le quitta pas d’un poil.

L’Elixir de la Pie avait fait son effet.

Seule dame Tortue savait qu’elle était une Renarde.


oooOOXOOooo
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MessageSujet: Nouvelle de Rose Gaucher   Dim 18 Mar 2007 - 16:45

Superbe !!!!!
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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Mer 5 Déc 2007 - 12:28

- Peinture de Raoul GIORDAN "Le Songe Inachevé" -

La Dévoreuse
Poème de Rose GAUCHER


Cette nuit, je l’ai vue
Dansant nue
Sans ses voiles,
Riant sous les étoiles,
Bel ange vagabond
Parmi des elfes blonds
Qui lui donnaient la main
Dans une valse sans fin.

De son beau sein creusé
A la courbe si pure
Une fleur a poussé
Doux pétales irisés
Semés dans la nature,
Effaçant à jamais
La douleur insensée
D’une terrible blessure.

Victime comme on dit
D’une longue maladie
Dévoreuse de vies,
Quelque part, sur cette île
A l’éclatante nature
Qu’elle a quittée trop tôt,
Les mèches indociles
De sa longue chevelure
S’envolent au gré des flots.

Ne pleurez pas, passants
Elle vit, elle vole à présent
Au milieu de ses fées,
Plus jamais solitaire,
Apaisée de partir,
Délaissant désormais
Ce destin éphémère
De naître et de mourir.

Vous la verrez peut-être
Blanche plume envolée
Posée sur la fenêtre,
Dans la goutte de rosée,
La sentirez renaître
Un beau matin d’été
Dans le parfum sucré
D’une pêche dorée.

Et dans le soir couchant
Vous l’entendrez sans cesse
Comme une tendre promesse
Dans un chant lancinant
Doucement murmurer :
« Je ne suis qu’endormie
Je suis bien, je revis
Sur la vague bondissante
Et le ruisseau qui chante,
Vous m’avez tant aimée
Je vous ai adoré…
Laissez le songe inachevé,
Près de moi, je le sais,
Un jour, vous reviendrez… »

---oooOooo---

Rose Gaucher
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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Ven 4 Jan 2008 - 9:28

"Apaisée de partir,
Délaissant désormais
Ce destin éphémère
De naître et de mourir"


Vous avez su trouver la mesure et l'équilibre pour évoquer sans sombrer dans le pathos ce sujet qui nous concerne tous.
Merci encore, Rose, pour ce poème très touchant.

Ricaille
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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Lun 7 Jan 2008 - 22:48

Spoiler:
 

Splendide image, une vue panoramique à la croisée de deux perspectives... Merci Prof !

Ricaille
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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Lun 7 Jan 2008 - 22:55

ricaille a écrit:
Splendide image, une vue panoramique à la croisée de deux perspectives... Merci Prof !
Merci !
C'est un dessin réalisé il y a longtemps (quand j'étais jeune Très content ).
Mais il est tellement large que j'ai dû le mettre dans un "spoiler" sur ce forum.
Très triste

NB: Il y a quelques erreurs de perspective...
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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Jeu 10 Jan 2008 - 11:32

Très beau dessin, en effet.
S'il y a des fautes de perspective, je ne les vois pas.

Bravo 2
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MessageSujet: Space Girl   Lun 7 Avr 2008 - 23:02

Voici un dessin dont le titre est… Space Girl !


C'est le dessinateur Belge Guy Dedecker — dessinateur du Maugré — qui l'a réalisé.
Je dois avouer que cette Space Girl me plaît beaucoup.

D'ailleurs, j'ai acheté ce dessin.

Pourtant, je crois que l'artiste a lu peu de Météor.

Clin d\'oeil
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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Mer 6 Jan 2010 - 6:26

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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   Sam 9 Jan 2010 - 23:25

Bonjour, Captainbop !

Cum grano salis :

Andy Warhol aurait-il lu Météor ?
Ce serait un "scoop" pour pour les admirateurs de Raoul Giordan !

Bourré
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MessageSujet: Re: Raoul GIORDAN : source d'inspiration   

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