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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mar 12 Juin 2007 - 23:52

Cool WHAAAAAAAAAAAAAA !!! Très content
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MessageSujet: Films qui auraient pu influencer Raoul Giordan   Lun 10 Sep 2007 - 22:26

Je recopie ici deux messages mieux placés ici.

ricaille a écrit:
Au sujet de l'ambiance culturelle, Raoul Giordan fréquentait-il les salles obscures ? A-t-il vu l'un de ces films à cette époque :

Croisière sidérales, 1942, France.
La féline (Cat people), 1942, Jacques Tourneur, Etats-Unis.
Ma femme est une sorciere (I Married a Wich), 1942, René Clair, Etats-Unis.
La nuit fantastique, 1942, Marcel L'Herbier, France.
Le spectre de Frankenstein (Ghost of Frankenstein), 1942, Erle C.Kenton, Etats-Unis.
Les visiteurs du soir, 1942, Marcel Carné, France.
Batman (Batman/Les hommes chauve-souris) , 1943, Lambert Hyllier.
Frankenstein contre le loup-garou (Frankenstein meets the Wolf man), 1943, Roy William Neill, Etats-Unis.
Les Aventures fantastiques du Baron de Munchhausen (Münchhausen), 1943, Allemagne.
Captive Wild Woman (id.), 1943, Edward Dmytryk, Etats-Unis.
La maison de Frankenstein (House of Frankenstein), 1944, E.C. Kenton, Etats-Unis.
C'est arrive demain (It happened tomorrow), 1944, René Clair, Etats-Unis.
La Malédiction des hommes chats (Curse of the Cat People), 1944, Robert Wise, Etats-Unis.
The Purple Monster Strikes, 1945, Etats-Unis.
Au coeur de la nuit (Dead of night), 1945, Grande-Bretagne.
La Belle et la bête, 1946, Jean Cocteau, France.
La bête aux cinq doigts (The Beast with Five Fingers), 1946, Jean Cocteau, Etats-Unis.
Une question de vie ou de mort (A Matter of Life and Death), 1946, Michael Powell, Emeric Pressburger, France.
L'Aventure de madame Muir (The Ghost and Mrs. Muir), 1947, Joseph L. Mankiewicz, Etats-Unis.
Les jeux sont faits, 1947, Jean Delannoy, France.
Sinbad le marin (Sinbad the Sailor), 1947, Richard Wallace, Etats-Unis.
Superman, 1948, Etats-Unis.
Batman and Robin, 1948, Spencer Bennet, Etats-Unis.
Monsieur Joe (Mighty Joe Young), 1949, E.B. Schoedsack, Etats-Unis.
Destination Lune, 1950, George Pal, Etats-Unis.
Vingt-quatre heures chez les martiens (Rocketship X-M), 1950, Kurt Neumann, Etats-Unis.
L'homme de la planète X (The Man from Planet X), 1951, Edgar G.Ulmer, Etats-Unis.
Le jour où la terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still), 1951, Robert Wise, Etats-Unis.
La chose d'un autre monde (The Thing from Another World), 1951, Howard Hawks, Etats-Unis
Le choc des mondes (When Worlds Collide), 1951, Etats-Unis.

Ricaille
captainbop a écrit:
Cette liste lui sera soumise.
Réponse sera ici donnée, dans la mesure du possible.
Clin d\'oeil
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Lun 10 Sep 2007 - 22:46

captainbop a écrit:
Et cet assemblage, ne serait-ce que pour surprendre Ricaille ?



Cordialement.
Tiens à ce sujet, dans Google, onglet "Images", tapez "robots" et voyez si vous reconnaissez quelque chose en page 1...
Ricaille
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MessageSujet: Record !   Mar 11 Sep 2007 - 16:26

ricaille a écrit:
Tiens à ce sujet, dans Google, onglet "Images", tapez "robots" et voyez si vous reconnaissez quelque chose en page 1...
Ricaille
18e sur un total d'environ 2 210 000 !

Bourré
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mer 12 Sep 2007 - 16:49

"LE SENTIER DES HERISSONS"
Nouvelle de Rose GAUCHER



Biscotte, la lapine, sauta si prestement sur le divan, qu’elle réveilla Eugène.
Il venait de se plonger dans une sieste bienheureuse. Ah ! Ces doux moments où l’esprit flottait entre le rêve et la réalité… Eugène dormait sans dormir. Dans un halo parfois bleu-vert, parfois jaunâtre, il percevait l’ombre d’Eugénie, sa femme, qui trottinait, allant et venant sans cesse dans le salon.
- Elle ne sait pas rester en place ! Se dit-il avec une pointe de tendresse. Toujours aussi infatigable, ma bonne Eugénie !
Il la connaissait si bien, après plus de soixante années à partager sa vie.

Et ce soir, au seuil du sommeil, immuablement, elle lui parlera encore de ses douleurs lombaires, de son arthrose du genou, de ses crampes d’estomac et surtout de son « cancer des cheveux ». Eugène était dans le doute, mais immanquablement, c’était le leitmotiv qui revenait chaque nuit.
Hé oui, Il s’en souvenait comme si c’était hier ; dans ses jeunes années, Eugénie avait été une bien belle femme et sa plus grande fierté, c’était sa superbe chevelure d’un blond chatoyant…
A présent, elle se désolait des quelques rares mèches, mi-grises, mi-rousses qui cachaient à peine son crâne à moitié dégarni… Alors, pour se consoler, elle s’inventa « son cancer des cheveux », comme une évidence inéluctable et qui devait forcément lui arriver dans ses vieux jours.
- Mais oui, mais oui, ma bonne Eugénie ! Je sais que tu en souffres, mais ne t’en fais donc pas !  Les cheveux, ce n’est pas si important, tu en avais de si beaux… La vieillesse, çà n’arrange bien ! Chut ! Dors donc… tu pourras te trouver un tout nouveau chapeau, si le cœur t’en dit… Et il passa doucement sa main sur la tête de son épouse, comme pour l’apaiser.
Déjà, celle-ci avait sombré dans le sommeil. Elle dormait si bien, Eugénie, tout près de son Eugène. Et de chapeau, elle n’y songeait pas, car elle n’en portait jamais.

Dans un recoin de la chambre, Biscotte la lapine, se pelotonnait dans son panier, surveillant Moka le mainate qui somnolait dans sa cage, dans la pièce à côté.

- Garçon ! braya l’oiseau, un pt’it café !
- Couché ! lui répondit Eugène ! Sinon, tu finiras la nuit à la cave…
- Gar-çon… Gar-çon … Un p’tit glaçon pour le monsieur…
- Au poulailler ! Cria Eugène, excédé.
Et cela recommençait presque chaque nuit. Biscotte ne supportait pas ces criailleries, alors qu’Eugénie ronflait déjà, indifférente au vacarme habituel de l’oiseau.

Dans son jeune temps, Eugène avait été garçon de café dans l’une des plus belles brasseries du vieux Paris, « A la Palombe d’argent ».
Et des « Garçon ! » par ci, « Garçon ! » par là… Il en a entendu durant toute sa longue activité. Moka le mainate, était aussi de la partie. Perché dans sa grande cage, sous l’escalier qui menait à l’étage, il amusait ou déconcertait les clients avec sa voix nasillarde, appelant parfois les habitués par leur prénom.
Et son maître Eugène resta pour toujours « Garçon ».

Cela faisait sourire Eugénie. Mais elle connaissait les faiblesses de son homme. Elle savait que quelque part, l’oiseau lui rappelait le bon vieux temps. D’ailleurs, Eugène ne se gênait pas pour l’appeler « Génie, ma p’tite souris »!
C’est ainsi que Moka le mainate, la saluait chaque marin avec un « Bonjour la p’tite souris !» qui enchantait Eugène et agaçait Eugénie.

Au début de leur retraite, ils avaient délaissé Paris pour un petit village dans le Sud de la France, coulant ainsi des jours sereins sous le soleil, parmi le chant des cigales et, selon les saisons, le parfum des eucalyptus, des jasmins ou des mimosas.

Avec Biscotte, qui grignotait sans cesse et Moka le vieux mainate, la maison abritait aussi un gentil fox-terrier du nom de Whisky, cela va de soi ! Ce dernier essuyait régulièrement les plaisanteries du mainate.
          - Et un whisky pour Moka, un ! Braillait-il, au passage du chien.

Chaque matin, pendant qu’Eugénie vaquait aux soins du ménage, sous l’œil fureteur de Biscotte et les élucubrations de Moka, Eugène prenait son vieux vélo. Avec Whisky qui le suivait, la laisse attachée à la selle, ils se rendaient au Bois du Chevalier.

C’était un endroit très prisé des gens du village. Bien aménagé, avec un parcours santé pour les plus vaillants, des rochers naturels taillés en forme de banc pour le repos, et surtout de jolis coins ombragés où venaient pique-niquer sur l’herbe verte, les promeneurs du dimanche.
Au milieu du bois, une grande allée finissait en impasse avec deux sentiers.
Whisky trottinait derrière le vélo d’Eugène et longeait vaillamment toute l’allée. Son maître prenait toujours le sentier de droite qui menait vers un petit lac où des cygnes glissaient avec une grâce infinie… On y voyait parfois des fleurs de nénuphars qui émergeaient de l’eau, apportant des touches de couleurs à l’eau dormante du petit lac.

C’était un endroit délicieux. Eugène s’y arrêtait et sortait de son sac quelques biscuits ou un petit morceau de cake qu’il partageait avec son fidèle compagnon. Un petit « en cas », car pédaler sous le soleil, çà vous creuse ! disait le vieil homme. La laisse retirée, Whisky en profitait pour musarder çà et là, gratouiller la mousse tendre, déterrer les petits escargots ou les vers de terre enfouis dans le sol. Mais surtout, il ne manquait jamais d’aller saluer la petite rainette verte qui l’attendait sous l’eau.

- Tiens, pour toi, une petite boulette de cake !
- Je ne mange pas de sucreries, çà me gonfle la panse ! Lui répondit la rainette.
- Alors, que dois-je t’apporter ? Lui demanda Whisky.
- Des insectes ou des larves de libellules.
- Désolé, ma petite, c’est pas de la nourriture pour un chien !

Et ils passaient un moment ainsi, à bavarder comme deux vieux amis.
               - Il est temps de rentrer, cria Eugène ! Laisse ta grenouille. Tu la retrouveras demain.

Alors, paisiblement, ils s’en retournèrent à la maison, en évitant soigneusement le sentier qui partait vers la gauche. Cela intriguait fort Whisky, car il aurait bien voulu aller y faire un petit tour.
De l’allée, parfois, il pouvait voir des hérissons traverser le sentier.
Très souvent, des gens l’empruntaient, marchant d’un pas vif, accompagnés d’un chat ou d’un chien, qu’ils portaient dans leurs bras ou dans un panier garni de vieux chiffons.

- Vois-tu Whisky, le sentier, là, à gauche, faut jamais passer par là ! lui dit Eugène.
- Et pourquoi donc, Garçon ? C’est un joli sentier ; c’est plein de marguerites et de boutons d’or et puis, il y a toujours des hérissons. J’aime bien les hérissons !
- Oh ! Malgré les hérissons, ce ne sont pas des choses à raconter aux bêtes comme toi, çà te ferait pleurer…
- Je ne pleure jamais Garçon ! Je suis si heureux chez Eugène et Eugénie !
               - Va savoir ce que la vie vous réserve ! Un vieux, çà meurt vite… Un hérisson, on l’écrase comme un scarabée ou un escargot et les chiens… Ah ! Les pauvres chiens… Sans parler des chats, des lapins, des furets et tous les autres !… C’est pourquoi, personne n’a envie de prendre ce sentier là, sauf par obligation, murmura doucement Eugène entre ses dents.
- Pas même toi ? lui demanda Whisky.
- Moi, mon bon chien, ce serait encore pire ! Cela me déchirerait le cœur !
- Alors, c’est donc que çà mène au cimetière ?
- Mais non, imbécile, puisque, moi, j’en reviendrai vivant de ce maudit sentier !




- Peinture de Raoul Giordan -


Whisky ne chercha plus à comprendre. Pourtant, il traversait chaque fois l’allée, le souffle un peu plus haletant, dès qu’on s’approchait de la bifurcation des deux sentiers. Sur la droite, celui qui leur était si familier, on pouvait lire sur la pancarte de bois « Sentier du Petit Lac ».
Par contre, il fallait s’avancer un peu plus loin pour déchiffrer le panneau planté dans le sentier de gauche… Whisky se dit qu’un jour, il filera en douce rien que pour voir ce qui était écrit dessus.
Mais, cela ne servirait à rien. D’ailleurs, il ne savait pas lire… Peut-être que les hérissons, eux, connaissaient parfaitement ce sentier si inquiétant ?


*


Au retour de leur balade, on entendait la voix joyeuse d’Eugénie criant :
« A table !  Tout le monde !"
Alors, Whisky se précipitait sur sa gamelle, pendant que Biscotte, l’air dédaigneux, le regardait engloutir son écuelle.
               - Il a faim, le vieux chien !
               - La paix, l’angora ! Ah ! Je vois que madame a été servie la première, comme toujours ! Des carottes et des navets ! Des pommes et des sablés, toute l’année… Quel menu ! Et çà fait des crottes à longueur de journée ! Beurk !
               - Mon pauvre vieux ! Lui rétorqua Biscotte, moi, je ne cours pas les bois comme toi, et je tiens compagnie à Eugénie.
               - Ma jolie, avec ton blanc pelage, tu ferais une bien belle cible pour les chasseurs ! Paraît que c’est bon, un pâté de lapin aux olives…
- Et une, et deux ! brailla Moka dans sa cage…Garçon ! l’apéro et les glaçons !…
- Laisse-nous manger en paix, vieil emplumé ! lui lança Eugène.
- Alors « à ta santé ! » nasilla le mainate, sautillant heureux, d’une patte sur l’autre, dans sa grande cage.
               - Tu aurais mieux fait de choisir un petit serin, ma Génie, au moins, nous n’aurions pas les oreilles cassées à longueur de journée.
- Un serin, çà ne vit qu’un printemps et Moka nous accompagnent depuis si longtemps…
- Tu oublies aussi Whisky et Biscotte…
- Ce n’est pas pareil. Eux, ils vont et viennent, gambadent, hument les odeurs, courent dans le jardin, libres et heureux. Tandis que Moka, il ne connaît que sa cage.
- Faudrait peut-être le faire un peu sortir ? demanda Eugénie.
- Quoi ! Il est tellement vieux et pataud qu’il se cognerait aux murs ! C’est à se demander s’il sait encore voler…
- Tu as raison mon bon Eugène, alors, il faudra le choyer plus que les autres…
- N’empêche, il a la langue bien pendue, ton mainate !
- Une langue, çà peut être utile… On ne sait jamais ! Souviens-toi quand il braillait : « Chaud, chaud, Moka, l’a chaud ! »
- Ah oui ! le fameux court-circuit de l’an passé qui a bien failli nous griller tous ! Dieu merci, il nous a sauvés la vie !

Ainsi, coulaient sereinement les jours et puis les mois.
Deux années passèrent. Cet hiver là ne fut pas comme les autres.
Eugène avait pris froid et toussait à s’en arracher les poumons. Pour faire comme son maître, Moka toussait lui aussi, du moins crachotait comme un corbeau enroué.
Il mettait Biscotte dans une telle fureur qu’elle en avala des poils ; et des poils de lapin angora, ce n’est pas de la crème fouettée !

Quant à Whisky, triste et désemparé, il pensait amèrement à la petite grenouille verte et surtout, aux promenades manquées à cause de la faiblesse accrue de son maître. Car ce dernier avait peine à pédaler sur son vélo et ne quittait pratiquement plus son vieux fauteuil. Seule Eugénie, toujours vive et alerte, s’occupait de tout son petit monde.

Un matin, dans sa cuisine, alors qu’elle s’apprêtait à enfourner son cake du dimanche, elle entendit un bruit bizarre venant de salon.
- Encore cette Biscotte qui s’acharne sur le coussin de Whisky !
- Brouac ! Au s’cours ! brailla Moka. « Garçon, tombé ! Tombé Garçon ! Pin-pon, pin-pon !!! »
- Oh Seigneur ! S’écria Eugénie, en se précipitant dans le salon. Mon pauvre Eugène, qu’est-ce qu’il t’arrive ?
Effondré sur le fauteuil, le vieil homme ne lui répondit pas.
Victime d’une rupture d’anévrisme, Eugène avait cessé de vivre.


*
A suivre...
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Cynniris
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mer 12 Sep 2007 - 17:05

"Le Sentier des Hérissons" (Suite et fin).

Ce jour là, il faisait gris, comme en hiver à Paris, et le petit cimetière, à l’écart du village, était noyé dans une brume humide. Il y avait bien peu de monde pour accompagner Eugène en sa dernière demeure. Des voisins, de rares vieux amis, mais plus aucun membre de la famille. Ils étaient tous morts.

Eugénie suivait en tête le cercueil. Elle avait mis un chapeau, pour la première fois. Une rose noire était piquée sur le ruban satiné.
Des chapeaux ? Elle en découvrit des dizaines, soigneusement rangés dans des boîtes rondes, tous achetés en douce par Eugène, pour sa tendre Eugénie. A leur vue, Eugénie fondit en larmes…
- Je ne survivrai pas à mon époux murmura-t-elle, la gorge nouée et la démarche chancelante. Mon Dieu, pourquoi m’avoir laissée seule ainsi !
Whisky trottinait à ses côtés, les yeux tristes, la queue basse et le museau humide. Il n’aimait pas ce chemin caillouteux qu’il découvrait pour la première fois. L’herbe y était rare, le sol aride, les abords envahis de ronces et de mûriers sauvages. Parfois, des lézards furtifs s’enfuyaient sous les cailloux. Seuls, quelques ifs souffreteux apportaient une touche de verdure à l’endroit qu’on appelait le « Cimetière des trois Croix ». Les croix de la Douleur, de la Faim et de la Soif.
De vieilles tombes, à moitié effondrées, rappelaient encore que dans l’ancien temps, les villageois mouraient de la peste et de la famine. C’est pourquoi, ce lieu était assez éloigné du village et rares étaient les visiteurs qui venaient s’y recueillir.
Pendant que Whisky s’imprégnait des odeurs du chemin, Biscotte, enfouie dans un panier à demi entr’ouvert porté par Eugénie, regardait, effarée, la nature et les êtres alentour. A présent, loin de son panier douillet, tout l’effrayait.

Seul dans la maison au silence pesant, Moka le mainate, prostré dans sa cage, les yeux perdus, cherchait et appelait Eugène. Le Garçon de la belle brasserie « A la Palombe d’Argent » qui, hélas, avait déserté la demeure à tout jamais.
Ce matin-là, pour la première fois, on l’entendait crier désespérément : « Patron ! »


*


Les jours qui suivirent furent un bouleversement pour tous.
Eugénie ferma une dernière fois les persiennes bleues et quitta sa chère maison avec un Moka, muet dans sa cage.
Une ambulance les attendait au dehors, avec pour destination, la Résidence de retraite « Les Glycines », nichée dans l’arrière-pays niçois.

Une voiture vint chercher Whisky et Biscotte. Elle emprunta le chemin que connaissait si bien le chien, quand il suivait Eugène derrière son vélo.
Voici le Bois du Chevalier. Le chauffeur se gara dans le parking, prit les deux animaux et ensemble, ils remontèrent la grande allée.
Arrivés tout au bout, oh  Surprise ! L’homme délaissa le sentier de droite qui menait au petit lac, et prit d’un pas décidé, celui de gauche.
Ils y progressèrent lentement. Arrivés devant la pancarte de bois, l’homme s’écria :
- Ah ! C’est bien  par là « Le refuge de Lady Liu, l’annexe de la SPA ».
- C’est quoi un refuge SPA demanda la lapine à Whisky ?
- Je n’en sais rien moi-même… Tout ce que je sais, c’est qu’on y va !
- Faut surtout pas y aller supplia la petite grenouille, qui, sur le bord du chemin, attendait Whisky depuis plusieurs jours… Retourne au Petit Lac.
Je t’y rejoindrai chaque jour. Tu verras, les nénuphars sont presque tous en fleurs
- C’est impossible, petite rainette. Nous ne sommes plus libres et nous voilà si malheureux de ne plus revoir Eugène et Eugénie.
- Ne soyez pas tristes, s’écrièrent en chœur deux hérissons qui leur emboîtèrent discrètement le pas, avançant prudemment au bord du sentier.
- Vous connaissez l’endroit où l’on nous emmène ? leur demanda Whisky.
- Bien sûr ! C’est là que sont enfermés les animaux malades ou abandonnés par leurs maîtres…
- Nous ne sommes ni malades, ni abandonnés, rétorqua Biscotte, l’air outré. Nous étions très aimés et si heureux auprès d’Eugène et Eugénie !
- Oui, mais voilà, ajouta Whisky, notre maître est mort et notre maîtresse n’a pas pu nous emmener avec elle. Elle l’aurait tant voulu. Mais là où on l’a emmenée, c’est défendu. Heureusement qu’elle a pu garder Moka. Il lui tiendra ainsi compagnie.
- C’est qui Moka ? demandèrent Pik et Pok les hérissons.
- Un mainate. Un oiseau tout noir, avec un bec jaune, pas aussi joli qu’un rossignol du Japon, mais qui sait parler à merveille !
- On aimerait bien être un oiseau, murmura Pok. Au moins, on pourrait s’envoler et ne pas être pourchassés et écrasés par les hommes et les autos, malgré nos pics sensés nous protéger !
- Même lorsque vous vous mettez en boule ?
- Bof ! Cela ne sert à rien ! nous sommes si fragiles, répondirent les hérissons.  
- Vous viendrez nous voir au Refuge ? leur demanda Whisky.
- Non seulement, nous viendrons, c’est promis, mais nous vous ferons sortir de cet endroit.
- C’est si effrayant que cela ? s’inquiéta Biscotte.
- Non ! C’est plutôt désolant et triste à pleurer. Les animaux y sont bien malheureux. Ils espèrent tous qu’on vienne les chercher. Des fois, ils attendent pour rien. C’est la mort qui les attend…


*


Déjà plusieurs jours que Whisky et Biscotte étaient accueillis au refuge.
Aimant passionnément les animaux, Lady Liu, une vieille aristocrate anglaise, veuve d’un haut dignitaire chinois, avait créé ce refuge pour gagner son Nirvana.
Elle vint saluer ses nouveaux pensionnaires et s’extasia sur le magnifique pelage de Biscotte.
- Toi, ma belle angora, tu ne resteras pas longtemps ici ! J’en connais une qui t’adoptera de suite. Là-bas, tu y seras bien choyée et tu auras tout un grand parc pour trottiner au milieu des pâquerettes, petite veinarde !

Et c’est ainsi que Biscotte, sans pouvoir dire adieu à Whisky, quitta le lendemain le refuge pour la propriété de la Comtesse de Muzault, sur les hauteurs de Cannes.

Le petit chien se sentit encore plus seul et plus malheureux. Il ne revit plus la petite rainette, mais se consola de la visite de ses deux amis hérissons.
Ceux-ci passaient chaque jour à travers le grillage du refuge, à l’endroit où l’herbe était plus haute et plus dense, et attendaient l’heure de la sortie des animaux.
- Bonjour Whisky ! Dimanche, les visiteurs seront plus nombreux. On ne fera pas trop attention à toi. Lors de ta promenade, tu t’éloigneras discrètement et tu nous suivras. On a repéré un grand trou au bout du refuge, et dont le grillage a été partiellement endommagé par des sangliers. Il faudra faire vite, car le jardinier doit venir le réparer ces jours-ci.

- Oh oui ! Je serai prêt leur répondit Whisky. Il est temps que je quitte ce lieu. Je ne supporte plus les miaulements et les aboiements de mes pauvres compagnons. Ils gémissent sans cesse quand personne ne s’arrête devant leur cage. Moi, je sais qu’ils appellent au secours ! Cela va un peu mieux quand Lady Liu passe les caresser et leur parler comme à des enfants… Lady Liu, elle est si bonne, mais elle ne remplacera jamais Eugène et Eugénie.

Ce dimanche-là, Whisky attendit ses amis Pik et Pok, et profitant de l’inattention du gardien, fila en leur direction. Ils passèrent par le trou du grillage et franchirent sans encombre le petit fossé, en direction de la grande allée.
- Bonne chance leur cria les hérissons ! Sais-tu au moins où aller ?
- Ne vous inquiétez pas pour moi. J’ai mûri un projet dans ma tête et je me dois de respecter un vœu, si je sortais un jour de ce mouroir !
- Prends garde à toi, et reviens nous voir, en chien libre et heureux. Le sentier de droite t’attend, et les nénuphars n’ont jamais été aussi beaux !

Whisky salua ses amis et partit sans se retourner.


*


Il marcha longuement, haletant, mais bien déterminé. Quand il apercevait des gens, il se cachait derrière un arbre ou rampait entre les grandes herbes. Vite, il s’éloigna du village.
Voici le grand Calvaire, et enfin le chemin qu’il avait emprunté il n’y avait pas si longtemps, derrière le cercueil d’Eugène.
La tombe était au bout, dans le nouveau carré, près du muret où courait un vieil églantier.
Whisky huma la terre, gémit comme un enfant, et fit le tour du monticule encore parsemé de quelques gerbes toutes flétries.

Puis, il se mit à creuser. Acharné, désespéré, les yeux presque fous.

Whisky creusa, creusa… Une heure, un jour, une éternité ?
Il ne s’en souvenait plus, mais quelle importance !
Seul, il savait qu’Eugène reposait là, sous cette masse de terre encore humide de la dernière rosée.
Il fallait qu’il le délivre, pour le retrouver et le sortir de là, et repartir ensemble vers le Bois du Chevalier.
A force de déblayer la terre, un petit fossé entourait à présent le pourtour de la tombe.


Illustration de Raoul GIORDAN, inspiré par cette nouvelle

Les yeux de Whisky se brouillèrent de plus en plus, mais il creusait sans cesse, oubliant la douleur, la faim et la soif.
A l’opposé de la tombe, les derniers rayons de soleil illuminaient les trois Croix, au seuil du crépuscule, puis la nuit arriva, enveloppant le cimetière d’une âpre obscurité.

Le lendemain, on retrouva Whisky, couché dans le fossé.
Tout son corps s’était habillé de terre ocre.
Il gisait près de la tombe, sans vie, les pattes ensanglantées, et à demi recouvert des dernières fleurs fanées, destinées à Eugène.


*


Longtemps encore, dans le village, les gens affirmèrent avoir vu des hérissons venir autour de la tombe, parfois accompagnés d’une petite rainette.

Mais à part les lézards et les escargots, a-t-on vraiment vu des hérissons dans un endroit pareil ?

Demandez à la Lune …
Pour celui qui veut croire, elle vous dira que tout est possible.  


Rose GAUCHER


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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Ven 21 Sep 2007 - 23:34

C'est vraiment superbe, Cynniris...

Mais ta nouvelle me fait Très triste
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mer 10 Oct 2007 - 18:27

Bonsoir,

En réponse à Ricaille, au sujet de « l'ambiance culturelle », à savoir si Raoul Giordan fréquentait-il les salles obscures ?

Sans préciser si c’est avant, pendant ou après la période Météor, il déclare, si sa mémoire est bonne, avoir vu :

Ma femme est une sorcière (I Married a Wich), 1942, René Clair, Etats-Unis.
Frankenstein
Les visiteurs du soir, 1942, Marcel Carné, France.
Batman (Batman/Les hommes chauve-souris), 1943, Lambert Hyllier.
Les Aventures fantastiques du Baron de Münchhausen (Münchhausen), 1943, Allemagne.
La Malédiction des hommes chats (Curse of the Cat People), 1944, Robert Wise, Etats-Unis.
La Belle et la bête, 1946, Jean Cocteau, France.
La bête aux cinq doigts (The Beast with Five Fingers), 1946, Jean Cocteau, Etats-Unis.
Les jeux sont faits, 1947, Jean Delannoy, France.
Sinbad le marin (Sinbad the Sailor), 1947, Richard Wallace, Etats-Unis.
Superman, 1948, Etats-Unis.
Le jour où la terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still), 1951, Robert Wise, Etats-Unis.
La chose d'un autre monde (The Thing from Another World), 1951, Howard Hawks, Etats-Unis
??? Le choc des mondes (When Worlds Collide), 1951, Etats-Unis.

Avec un grand sourire, il a ajouté et « Voyage dans la Lune » de Méliès.

Lorsqu’il a créé une BD d’Anticipation à la demande d’Artima, il se sentait capable de tout pouvoir faire : Policier, Western, Aventures, S.F. Il a précisé « tout comme un compositeur peut réaliser tout aussi bien une musique de film de Western, d’aventure, d'amour etc.
Aimant beaucoup Jules Verne, H. G. Wells, Griffith, Ayant goût pour la S.F. ancienne et l’anticipation, il affirme s’y être adonné avec plaisir.

Très cordialement.
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mer 10 Oct 2007 - 23:34

captainbop a écrit:
Les visiteurs du soir, 1942, Marcel Carné, France.

Très cordialement.
Clin d\'oeil Clin d\'oeil Clin d\'oeil

C'est marrant ça ! A la relecture, certaines cases m'avaient fait penser à ce film pour les costumes surtout, mais aussi par certains cadrages. Mais je n'ai pas noté le ou les numéros... Rolling Eyes

Ricaille
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Lun 3 Déc 2007 - 12:33

"Biscotte"

Poème de
Rose GAUCHER


Pelage hermine
Yeux tourmaline
Elle s’appelle Biscotte !
Ses dents sont des quenottes
D’un blanc de porcelaine.
De ma terrasse
Elle fait le tour,
Puis se prélasse
Comme une reine.
Parfois elle court,
A perdre haleine
Sous les lauriers
Et puis se cache
Au pied du citronnier.

Dès la cage entr’ouverte
Elle file sans relâche
Dans des endroits cachés,
Ses lieux les plus secrets
Et joue à saute-mouton
Tel un chaton
Apprivoisé…
Quelques feuilles de mâche
Et elle pointe son nez !
Elle sort de son terrier,
Et fait des bonds
Puis tourne en rond
Sous le regard narquois
Du perroquet en bois
Aux coloris vermeil
Qui la surveille,
Sentinelle aux abois.

Ivre de liberté
Elle saute sur les grands pots
De terre indigo,
Grignote avec délices
Quelques pétales d’iris,
Ignore le datura
Et mordille d’emblée
Boutons de bégonia
Hibiscus et pensées.

Sur ses deux pattes arrière
Se dresse comme un chat
Pour atteindre, droite et fière
Les pousses de gardénia.
Elle se nomme Biscotte
Petite lapine bélier
Coquine et point si sotte
Si douce et si câline
Pour moi qui sais l’aimer.

Car elle est ma mascotte,
Quand mes pensées chagrines
Me rappellent soudain
Un certain petit Chien
Parti un triste jour,
S’en allant pour toujours
Vers d’éternelles saisons
Au royaume des Bichons…

Petit chien, petit chat
Souvent dans les foyers
Vous êtes les plus choyés.
Canari, poisson ou écureuil
Pourquoi pas, mygale ou bien boa,
Qu’importe nos penchants
Dès lors qu’on vous accueille
Grâce à nos cœurs aimants.

*
Elle s’appelle Biscotte
Friande de céleri,
Pomme d’api et carotte,
Kiwi et mandarine,
Ma lapine si jolie
Aux prunelles aigue-marine,
Qui sait aussi donner,
Lorsque je la caresse,
De son museau léger
De touts petits baisers
En gage de tendresse.

___________________Rose GAUCHER
---------------


En septembre dernier, "Biscotte" a fait connaissance avec "Bigoudi", la tortue qui vit dans le jardin de Raoul GIORDAN.
Le poème et cette "Brève rencontre" ont inspiré l'artiste :


- Illustration de Raoul GIORDAN -
Très cordialement.
Clin d\'oeil  Clin d\'oeil  Clin d\'oeil


Dernière édition par captainbop le Dim 3 Jan 2016 - 9:16, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mar 4 Déc 2007 - 17:21

captainbop a écrit:
"Biscotte"

Poème de Rose GAUCHER
C'est vraiment très joli, très mignon.

Bravo 2
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mar 4 Déc 2007 - 18:13

Hello Candide !

MERCI d'avoir apprécié ma petite "Biscotte".

Bien cordialement.
Cynniris
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mer 5 Déc 2007 - 12:08

Un peu de fraîcheur, ce regard que trop d'adultes ont perdu !
Merci Rose...
Ricaille
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mer 5 Déc 2007 - 14:54

ricaille a écrit:
... ce regard que trop d'adultes ont perdu !
Et que de plus en plus d'enfants n'ont jamais eu et n'auront jamais Très triste

Merci, Rose Très content
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mer 5 Déc 2007 - 16:24

Hello !

C'est très sympath de votre part !

Et ça ne s'invente pas, voici une photo de la brève rencontre entre Biscotte et Bigoudi (Bigoudi, en souvenir du salon de coiffure de M.-Th. Giordan) :


Bien cordialement.
Cynniris
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MessageSujet: Tortue   Mer 5 Déc 2007 - 22:28

Marrant !

Chez mon père, nous avons une tortue dans le jardin depuis 1967 !
Elle est increvable et très affectueuse (elle nous mord les orteils en été).

Elle s'appelle Julot car c'est un garçon (j'avais vérifié à l'époque, déjà ce goût pour les sciences).
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mar 18 Mar 2008 - 0:04

L'EPERVIER DU LAC

Nouvelle de
Rose GAUCHER



Les derniers rayons du soleil pâlissaient à l’horizon.
Un halo rougeâtre nimbait le sommet des montagnes et soudain, l’humidité s’installa.

        - Tiens donc ! Se dit Quenotte, Iris, ma jeune maîtresse, me rentre bien tard ce soir… Sans doute est-elle encore plongée dans la lecture de son dernier roman. Sûrement un récit plein de gaieté, car il entendait son rire cristallin venant du salon…

Quenotte s’étendit de tout son long sur la paille encore bien fraîche et examina son domaine. Oh ! De l’espace, il n’en manquait pas…
A droite,  son copieux repas présenté sur une coupelle de céramique décorée de petites pivoines, son biberon à demi plein, laissant parfois échapper une grosse goutte d’eau fraîche… A gauche, sa litière garnie  de petits copeaux parfumés à la framboise, et au milieu, sa petite cabane de bambou, faite de bouts de bois, bien taillés, reliés par un  fil de fer, et recourbée comme un dôme.
Quenotte adorait s’y cacher et faisait parfois semblant d’y dormir, pour épater Iris !

        - Chut, se disait-elle alors ! Petit lapin s’est endormi ; il doit se sentir bien dans sa maison de bois et cela la mettait toute en joie. Mais, soudain, l’animal s’élança hors de sa cachette et vint couvrir de baisers, la douce main qui se tendait vers lui.
        - Mon lapin, si doux, si adorable, il est l’heure de rentrer !!!

Et c’est ainsi que chaque fin d’après-midi, Iris transportait la cage de son petit ami pour la mettre bien à l’abri.
Le matin, dès que le soleil pointait, elle la ramenait sur la grande terrasse et entrouvrait la cage… Alors, libéré, Quenotte filait à toute allure, bondissant tout joyeux comme une petite boule de poil, ivre, sautant des jardinières aux énormes pots de terre cuite, reniflant plantes et fleurs et parfois, se régalant d’un pétale d’hibiscus ou d’un bouton de camélia…
        - Ah ! La belle vie pour un gentil lapin se disait Iris… Il doit se sentir très heureux auprès de moi…
        - Que non pas ! Lui rétorquait Quenotte… Je te suis très attaché, ma douce Iris, mais comme j’aimerais descendre dans la vallée, courir dans les prés, fouler l’herbe tendre, goûter aux pousses vertes et faire la course aux rats musqués !… L’odeur des bois me manque tant et puis… je me sens parfois bien seul, enfermé dans ma cage… Cela, tu le savais, quand tu me serrais contre ta joue…

        - Quenotte ! Tu sais très bien que je ne puis te rendre ta liberté… Tu es si petit, si fragile, tu ne survivrais pas tout seul et je serais trop malheureuse de te perdre…

        - Si je ne puis partir, au moins, serais-je moins malheureux si j’avais un ami avec qui partager mon céleri, ma carotte et mon quartier de pomme…

        - Tu pourrais saluer chaque jour les oiseaux qui viennent sur la terrasse, admirer les papillons qui se posent sur les roses…, bavarder avec les coccinelles… Mais tu leur fais si peur en bondissant vers eux, comme un vilain chasseur !

Quenotte ne répondit pas. Après tout, Iris avait raison. Il était si choyé et elle, toujours aux petits soins pour lui, brossant chaque jour son doux pelage, lui murmurant des mots doux à n’en plus finir.

Ce jour-là, fatigué d’avoir trop gambadé et l’estomac bien rempli, Quenotte se réfugia dans sa cage entrouverte. Il commençait à s’assoupir, lorsqu’une masse sombre se posa sur sa cage.
        - Ma parole, on se croirait en pleine nuit !…
Qui donc se permet de venir jusqu’ici et me faire peur ainsi ?!!

L’ombre s’envola et se posa aussitôt sur le sol, tout à côté de la cage.
        - N’aie crainte ! Je ne vais pas te dévorer… Je viens en ami. Tu es si occupé à chasser les oiseaux que tu ne t’es jamais inquiété de ma présence !

        - Comment ! S’écria Quenotte …Je ne suis pas si naïf !… J’ai bien remarqué ton curieux manège. A voleter sans cesse au dessus de la maison et disparaissant au loin, à la vue d’Iris…
D’ailleurs, je dois me méfier de toi. Avec tes serres, tu peux très bien m’attraper par la peau du cou, et m’emporter au loin pour n’en faire qu’une bouchée !!! C’est sûr, tu n’es ni un vautour, encore moins un aigle royal, mais un rapace quand même !

         - Je suis simplement un épervier. On m’appelle l’Epervier du Lac. Ce miroir d’eau turquoise, enchâssé dans la forêt qu’on aperçoit au loin. C’est mon domaine et je ne chasse que les oiseaux pour me nourrir…

         - C’est cruel pour les oiseaux ! Mais, je comprends, faut bien que tu trouves sa subsistance… Et moi, tu ne me dévorerais pas ?

        - Oh non ! Je te trouve fort sympathique… Et puis, cela ferait trop de peine à Iris… Moi aussi, j’aimerais tant qu’on s’occupe de moi, mais je ne suis qu’un simple épervier qu’on pourchasse comme un vilain charognard…
Vois-tu Quenotte, je n’ai ni gîte, ni couvert, encore moins des caresses, mais je m’envole, libre et joyeux et je contemple la nature, je me pose aux cimes des arbres, je bois aux ruisseaux, je frôle parfois les monts, je dépasse les nuages et je me laisse bercer par le vent…
Si tu le désires, je peux te faire goûter au bonheur de t’envoler, ne serait-ce qu’une seule fois dans ta vie…

        - Oh ! Ce serait formidable, mais comment s’y prendrait-on ?

        - Quand le soleil sera au zénith et qu’Iris se reposera dans son boudoir, je viendrai te chercher. Je t’emporterai tout doucement entre mes pattes, sans te blesser, tu es si petit et si léger, et nous volerons ensemble à l’unisson.

         - Un petit lapin tout blanc dans les airs, accroché aux pattes d’un épervier, crois-tu que cela puisse se faire ?

         - Tout est possible, il suffit de le vouloir… Alors à demain, dors tranquille, tu peux compter sur moi…
Quenotte dormit mal cette nuit là… Il se voyait ballotté dans les airs, son beau pelage déchiqueté par les griffes du rapace, en butte aux ricanements des oies sauvages qui partaient vers l’ouest… et aux regards effarés des mouflons qui n’en croyaient pas leurs yeux…
Sa tête cogna soudain contre la cage et il se réveilla, ahuri, mais tout heureux de se sentir à l’abri auprès d’Iris.

        - Je suis vraiment stupide se dit Quenotte ! Si l’épervier me voulait vraiment du mal, cela ferait belle lurette qu’il se serait attaqué à moi…Voyons ! Il mange du piaf, mais pas de lapin. Et puis, il est si beau, et ses yeux sont bien doux quand il me regarde. Alors, je lui garde ma confiance et advienne que pourra !

Le lendemain, comme promis, à l’heure de la sieste, l’épervier vint chercher Quenotte, son nouvel ami.
Il le prit doucement entre ses pattes, prenant soin de bien rentrer ses griffes, ouvrit ses grandes ailes et emporta le petit lapin tout contre lui.

Ils s’envolèrent longtemps, là-haut, si haut, blottis l’un contre l’autre.

Quenotte respira l’air pur et si léger, regarda avec étonnement les jolis villages disséminés dans la vallée, frissonna à la vue d’un  renard qui courait à travers champs et ferma ses yeux d’ivresse et de bonheur…  « C’est moi Quenotte, ni lutin, ni hulotte… Et je vole, je m’envole, petit lapin bélier, tout comme un épervier » chantonna t’il, euphorique…

Soudain, le toit de la villa d’Iris apparut au lointain.

        - Nous voilà bientôt de retour, lui cria l’épervier… Je te sens tout ému… Atterrissage dans deux minutes ! N’aie pas peur, tu vas retrouver ta jolie cage, et je resterai ton ami pour toujours…                                          

Dès le sol retrouvé, Quenotte remercia chaudement l’épervier et couvrit ses pattes de tendres baisers…

         - Ce fut merveilleux, avec toi, dans les airs… J’en suis encore tout retourné… Mais tu vas partir, et déjà, tu me manques !
Une larme coula alors des yeux du petit lapin…

         - Ne sois pas triste, Quenotte… De là-haut, tant que je pourrais voler, je viendrais te saluer chaque jour, ainsi tu sauras que je ne t’oublie pas !
L’épervier prit majestueusement son envol et disparut au lointain.
Il tint parole et c’est ainsi qu’on vit, chaque jour, survoler un grand oiseau au-dessus de la terrasse d’Iris.

L’hiver pointa soudain son nez. Les bois se teintèrent de pourpre. La neige fit sa première apparition et le bel épervier espaça ses visites.

        - Je me sens bien triste, sans la visite de mon ami se lamentait Quenotte. Alors, il rejoignait sa cage, se blottissait dans sa cabane et versait de chaudes larmes.



*


Par un beau matin, une ombre se posa près de la cage du petit lapin, qui somnolait au soleil. Le cœur battant, Quenotte aperçut son ami, fatigué, épuisé et amaigri.

         - Je dois quitter la région lui dit l’épervier. Le froid arrive à grands pas et la nourriture se fait rare. Je ne sais si le printemps prochain me verra dans ce lieu. Je te sais malheureux d’être seul, mais ne t’inquiète pas… Demain, je t’apporterai une petite surprise. Prends-en soin, car cela adoucira ta peine et te fera oublier ta solitude.


*


Cet après-midi là, Iris sortit sur la terrasse pour rentrer la cage de Quenotte. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant son petit lapin partager ses croquettes avec un adorable petit écureuil !

        - Mais d’où sort-il celui là ! Comment a-t-il pu venir jusqu’ici ? C’est impensable ! En plus, il me paraît bien complice avec Quenotte…

        - C’est Panache, mon nouveau compagnon, lui répondit Quenotte… Il est orphelin… L’épervier du Lac me l’a apporté en cadeau, avant de rejoindre l’hémisphère sud...

Seul et tout comme lui, Panache sait que je me suis envolé entre les  pattes d’un merveilleux épervier, un certain jour d’été.

        - Tout cela est bien vrai Madame, ajouta Panache… Ne m’abandonnez pas… Je n’ai plus de maman et ma forêt est bien trop loin d’ici…S’il vous plaît ! J’aimerai tant rester auprès de vous, avec mon ami lapin… Je serais bien sage, je vous le promets !

        - Mon Dieu ! Quelle histoire ! Se dit Iris, toute émue… Quenotte a dû boire le restant du vin d’orange que j’ai remisé derrière la petite fontaine… Non, ce n’est pas possible ! Et pourtant, c’est bien la vérité, puisque l’écureuil est bien là…

D’une voix douce, elle appela le lapin et son nouveau protégé :
        - Allons, rentrez au chaud, cela me fera désormais deux gentils compagnons à choyer…Vous êtes autant adorables l’un que l’autre, et pour moi aussi, c’est un don du ciel…

Elle venait soudain d’apercevoir une grande plume laissée par un oiseau… Certainement, celle de l’Epervier du Lac, se dit-elle…
Tout ceci est donc bien réel…

Iris ne se posa plus de questions et accepta la présence de Panache comme une évidence. Un grand sourire illumina alors son beau visage…





Illustration Raoul GIORDAN

Cette nuit-là, Iris rêva qu’elle s’envolait avec Quenotte et Panache, tous  trois accrochés aux ailes magiques de l’Epervier du Lac.

Ils s’en allaient tout simplement au Royaume des Jours Heureux…


---oooOooo---


___                                               ______                                           ___Rose GAUCHER
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mar 18 Mar 2008 - 0:11

C'est toujours un plaisir ! Merci Cynniris...
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Mer 19 Mar 2008 - 20:02

Bravo Cynniris ! A quand un recueil illustré par RG ?
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Jeu 3 Avr 2008 - 0:44

Merci Cynniris, pour nous apporter un peu de poésie dans un monde de....ah ben non ! Il n'y a pas de brutes chez les anciens lecteurs de Météor. Peut-être quelques fadas, comme on dit à Marseille, et comme moi-même, mais aucun de nous n'est, j'en suis persuadé, inaccessible à la beauté ou à l'harmonie. Et je crois savoir pourquoi.
Raoul Giordan donnait à ses jeunes lecteurs l'exemple de héros positifs, courageux, généreux, curieux, mais ces virils gaillards se montraient également sensibles à l'étrange beauté des mondes extraordinaires qu'ils découvraient. Contrairement à ce que pensaient parfois nos parents, il s'agissait là de la plus saine lecture que l'on puisse trouver. Ceux d'entre nous qui ont mis leurs souvenirs sur le site montrent clairement qu'ils ont cherché à s'approprier les qualités de nos trois héros. Et la tendresse n'en était pas exclue, loin de là, même s'il ne s'agissait pas vraiment de la principale qualité qu'on cherchait à développer chez les jeunes garcons. Et pourtant on peut être un rude guerrier, un joueur de rugby, un coureur de jupons, bref un rude gaillard hétéro militant, et être ému par un joli poème ou l'amitié entre une petite lapine et une tortue. Raoul Giordan l'avait bien compris ! Nombre d'entre nous lui doivent une bonne part de ce qu'ils sont. Je parle des qualités bien sur. Pour nos tares, on s'est débrouillés sans lui... Moi j'ai été aidé par Tex Avery. J'en ai trop vu. C'est ce que disent les psys. D'aileurs il va falloir que je vous laisse, c'est l'heure de ma piqûre. Ils ne rigolent pas ces foutus infirmiers. En plus je commence à fatiguer vu que je dois taper sur le clavier avec mon nez à cause de cette saleté de camisole....
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Jeu 3 Avr 2008 - 11:53

54 ans... le meilleur âge, merci Solaris !
Ricaille
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Jeu 3 Avr 2008 - 14:06

J'aime les textes de Cynniris et ceux de Solaris - tiens, ça rime !

Ce sont des textes bien différents, pourtant.

Bravo 2
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Sam 13 Sep 2008 - 0:55



Illustration de Raoul GIORDAN



- Le Dé Enchanté -
Poème de Rose GAUCHER



Dans la lumière du jour,
Tamisée de velours,
Ou quand descend la nuit
Sous le grand abat-jour
Elles sont là,
Fidèles passionnées
Le cœur tout en émoi,
Graciles et appliquées,
Brodeuses minutieuses
Sur leur ouvrage de soie.

Têtes penchées,
Lèvres rieuses,
De leurs fines mains de fée
Elles brodent et rebrodent
Des dessins enchantés.
Et leurs aiguilles s’envolent,
Piquant en harmonie
Pour mille broderies
Points de Croix
Points de Jour
Couronnes de lys rois
Mots d’amour,
Points de Tige ou d’Epine,
Pétales d’églantine,
Fleurs des champs
Rondes d’enfants,
Paniers de fruits dorés
Chapelets de pensées
Symphonie de ballets
Aux courbes bien ordonnées.

Canevas encore vierge
Elles défilent des fils
Avec des gestes fébriles
Leurs pensées envolées
Consumées comme un cierge
Vers le tissu magique
Du beau décor unique
Qu’elles avaient tant rêvé
Le cœur dans les étoiles
Et déjà, oh ! Déjà
Amoureuses de leur toile…

Sous leurs doigts de madone
A l’ongle si nacré
Enchâssé dans son dé,
Pique, pique,
Et repique
Malgré l’heure qui sonne,
Belle aiguille argentée
A la pointe magique
Dansant avec les fils
Aux couleurs irisées.

Et voici que s’étalent
Et enfin se dessinent
En petits points de croix
Aquarelles enfantines,
Petits cœurs
Petites fleurs,
Fruits des bois,
Volutes et spirales
Papillons mordorés
Aux ailes veloutées
Alphabets enlacés
Sur doux coton perlé,
Jolies vrilles de guirlandes
Aux lettres en corolles
Dansant la farandole
Dans une folle sarabande.

Amies, regardez-les broder…
Bucoliques ou bien sages
Leurs pensées envolées
Riant, vagabondant
Au rythme de leur ouvrage.
Quelquefois,
Elles délassent leurs doigts,
Dans un souffle apaisé
D’un sourire esquissé,
Leurs têtes reposées
Penchant sur leur corsage.

Bonheur subtil,
Instants fragiles,
A travers le miroir
Dans la douceur du soir
Du crépuscule doré
Aux ombres emmitouflées,
Se profilent soudain,
Se dessinent enfin
Comme un désir lointain
Pour ne pas oublier
Tous ces mots
Tendres mots
Caressés de leurs mains
Et brodés à jamais
Sur nappes et coussins.

Amour et Amitié…
Pour Toujours… Mon Aimé…
Maman chérie… Bébé joli…
Petit chien… Petit rien,
Gentiane et centaurée
Campanule et muguet
Lacs bleus, sombres forêts,
Sublimes entrelacs
Où les rires et les larmes
Traverseront le temps,
Pour embellir les ans
Et sans cesse apporter
Aux yeux émerveillés
Tant d’émoi
Tant de charme
Que de beaux Points de Croix.

***
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Sam 13 Sep 2008 - 21:54

Cynniris brode joliment les mots...
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MessageSujet: Re: Ce qui a inspiré RAOUL GIORDAN   Sam 21 Fév 2009 - 11:07

Bonjour,

Les travaux de W. Von Braun et les illustrations parrues dans "Collier's", sont à l'origine, en partie, du N° spécial de Science et Vie de 1952, consacré à l'astronautique, dont s'est inspiré Raoul Giordan pour créer les premiers fascicules de Météor et rester le plus "scientifiquement" crédible aux yeux de ses jeunes lecteurs.

Voici quelques liens instructifs à creuser :

http://home.flash.net/~aajiv/bd/colliers.html
http://www.astrosurf.com/luxorion/colonisation-pics2.htm
http://www.astrosurf.com/luxorion/colonisation.htm
http://www.bonestell.org/index.html
http://www.bonestell.org/colliers.html
http://davidszondy.com/future/space/colliersshuttle.htm
http://davidszondy.com/future/space/colliersstation.htm
http://er.jsc.nasa.gov/seh/coltech.html

Chesley Bonestell (1888-1986) est peut-être à l'origine des illustrations.


D'autre part, le Docteur W. Von Braun a en partie inspiré Raoul Giordan pour imaginer le personnage du Docteur Spencer.
Un curieux lapsus, déjà cité par ailleurs, corrigé dans les éditions suivantes, illustre cette inspiration. Voir Météor N°1 - Planche 5, vignette 8.
Voir ce lien :
http://meteor.cultureforum.net/raoul-giordan-f4/raoul-giordan-et-meteor-t31.htm

En voici un portrait, dessiné par votre serviteur, vers 1961, à partir d'une illustration de L. Balc (Sélection du Reader's Digest) :


- Dr W. Von Braun -


A propos de "Space Girl I":
http://www.fantastic-plastic.com/VonBraunOrbitalRocketCataloguePage.htm

Deux dessins de Wernher Von Braun vus sur le Net :





Bourré Bourré Le Dr. Von Braun face à ..."Space Girl I" :


Très cordialement.
Jacques MERLIN
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